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    17 07 14
    Jeudi, Forêt de Verzy
    Lu : Renaud, Briographie, de Christian Laborde

        Dans ce bouquin mal ecrit ça parle de deux personnes que j’ai rencontrées : Daniel Cohn Bendit et Éric Pétetin. Dany, je l’ai vu, il disait qu’il ne fallait pas être en baskets pour faire de la politique, et il parlait de croissance verte, peut-être avec d’autres mots pour pallier la critique. Peu importe. Il expliquait la misère politique de façon quantitative, en parlant de misère sexuelle. Avait-il jamais parlé d’autre chose ?
        Éric Pétetin, c’est Pétoff, et la première fois que je l’ai vu il se baladait sur la Zone Autonome Déterminée de Notre-Dame des Landes avec pour seul attirail un bâton de marche, une feuille de vigne et la plume dans les cheveux qu’il ne quitte parait-il jamais. Je ne savais pas qu’il était connu. Il est venu à l’Isolette pendant qu’on bossait ou qu’on prenait un long café avec les copains, certain-e-s torse nu, alors on a rien dit sur la panoplie, après tout c’est la ZAD, et puis il souriait large alors il s’est assis. Nous, c’était l’Isolette 2 et on avait des étoiles dans les yeux. Coco, Gus, JC, Aymeric et les jeunes qui créchaient à la Chat Teigne et venaient filer la main. Et puis moi et mes seins à l’air, parce que merde, si je ne pouvais pas bosser torse nu ici, alors où ? On voulait construire du grand, du beau, du fonctionnel mais pas seulement.

    L’isolette 1, alias « Isolate », était partie pour Belo Monte avec ses camions, et je ne sais pas si elle est arrivée, ce qu’elle est devenue. C’était une joyeuse bande de belles gens, moitié shamanes, moité guerrières du désert, moitié mécaniciennes
     Cela fait trois moitiés, me direz-vous, mais si l’on peut être devin-plombier l’on peut sans doute aussi se faire shaman-mécanicien. On les aurait dit sortis d’un univers Steam Punk, et leur vapeur c’était l’huile de friture, la manche au gazole et le rêve. Illes sont partis en nous laissant un tipi-caca, une tente de sudation, des plants (mâles) de cannabis, une cabane-bateau qui prenait l’eau et une inutile et merveilleuse plateforme au-dessus d’une mare multicolore
     Bon, c’est vrai que si la mare était multicolore c’était à cause du produit vaisselle et de ce qu’ils n’avaient pas et le temps, mais la flemme, de faire un système de phytoassainissement, mais ils avaient laissé des nez de clown dans la pharmacie. Et ça, ça compte..

    Ils sont arrivés pendant la guerre, pendant le siège, pendant que les flics encadraient la Saulce, et ils ont vu la ligne de front, les cars, les camions anti-émeute et l’alignement de playmobiles, ils ont vu la route de l’Isolette, et ils ont tourné sous les yeux des bleus médusés. Nananère. Alors ils étaient enfermes dehors, à l’Isolette, et ils se sont appelés à l’anglaise.
    On a su ça, nous, par un isolé d’Isolate  venu récupérer son camion. Je ne me souviens plus de son blase, mais c’était un guerrier et le camion, du surplus militaire, un truc pour rouler dans le désert deux semaines sans faire le plein. Dedans on ne pouvait pas tout-à-fait tenir debout, mais les roues étaient plus hautes que le camion.
    Et puis à l’Isolette, souvent, il y avait Souryann, jeune vétéran, lui de la marche des Indignés, la seconde, Soleil aux doigts d’or venu du Midi. Lui était venu ici voir celui dont le nom comment sans doute par « M » et qui dit « C’est la lutte, ça, ma fille », le papa de la ZAD, le papa de la marche
     Tout se recoupe : la maman de la première marche était une amazone aux cheveux (et pas que) bleus et l’inspiratrice de ma semi-nudité en ces temps autonomes.. Avec Souryann, avec Marielle, avec Patchen, on allumait des feux et on s’asseyait, se couchait, s’acroupissait autour, et l’on faisait des bruits qui ensemble chantaient : improvisations animalières, déjantées, auquels nous invitâmes une fois quelques militaires clowns qui passaient par là. Erwann, conteur de génie à lunettes d’aviateur. Et le Gégènéral Pro-fête qui nous enjoint alors de croire en la Prophécie des Clowns
     Le 14 Juillet 2014, des milliers de clowns défileraient sur les Champs Elysées. C’est grâce à cette profêtie que je suis là avec Uwe dans la forêt. À Paris, j’ai raté la manif mais « on » n’a pas raté une douzaine de manifestants, qui ont passé la nuit sur le béton froid des couchettes de garde à vue. Les autres rigolos se sont retrouvés ensuite en un lieu que je ne pouvais pas connaître. Tout se rejoint, tout se recoupe..
    C’était l’été, c’étaient de belles gens et un lieu, beau par ceux qui l’habitaient. La forêt ne retentit plus de nos chants, et je voudrais revenir avant la fin.


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