• Autriche et Hongrie

    "To travel hopefully is better than to arrive, and the true success is to labor."
    R.L.Stevenson

    3/10

    J'en ai senti les premiers tiraillements hier, mais j'ai continuer de rouler, et mon genou gauche me fait pas mal souffrir... Cela ne ressmble pourtant pas a une tendinite. Les ligaments croises ? Le menisque, souvenir de ma chute de l'an dernier dans la Semène ? Je campe le long d'un chemin assez emprunte, mais du moins j'ai pu me baigner ce matin, et je pue moins qu'hier et plus que demain. Mes vêtements, par contre, ne donnent pas la meilleure impression.

    4/10
    Entrer dans Bratislava un dimanche : l'enfer périurbain habituel, mais morne, calme, j'ai la route a moi. Puis les tours jonchant les charmantes maisons et usines, espèces toutes deux décrépissantes. Plus tard, des pavements rebelles, cabossés, plantés de phallus blancs et brillants qui leur font de l'ombre. Une ligne de tram : je suis en bordure de vieille ville.

    Alors que, jurant qu'on ne me reprendrait plus en ville, je quitte Bratislava pour la véloroute du Danube, là, au milieu des champs, un parking, des containers bleus, et une trentaine de jeunes qui jouent au foot. Je m'approche : ils parlent arabe. La frontière, ouverte, à peine visible, n'est là que pour eux. Pour le reste des passants, automobilistes ou cyclistes, elle n'existe pas. La réalite des réfugiés, ce serait ça, juste ça, et on n'est pas capables de les accueillir ? J'en oublie de dire " Salaam Aleikum".

    5/10

    Je crois être arrivée à la fin de mon voyage, du moins ai-je découvert ainsi ce que je pouvais découvrir : le tourisme ne m'attire plus depuis longtemps, les gens de la campagne sont gentils où que je sois, ceux de la ville, tous a peu près semblables. Quant au Wwoofing, j'ai dépasse le niveau ou je découvre encore des choses en désherbant pour le gîte et le couvert. Je m'ennuie assez, assise sur les berges du Danube, si belles soient-elles cote Autrichien, mais j'espère ainsi récuperer mon genou, dont la santé ne s'arrange vraiment pas.

    6/10
    Kristina et Franz m'ont invitée a planter ma tente chez eux. En les suivant, je me rend compte que je devrais vraiment arrêter le velo quelques jours, et sans doute me procurer une crème a la cortisone. Mon genou est visiblement enflé, et très chaud.
    Dans un café a Mattersdorf, je décide de passer par la Hongrie, après tout. Mon genou ne s'arrange pas et j'ai hâte de retourner chez les pauvres et les simples, rares dans cette région ou je ne trouve pas de bistrots un tant soit peu populaires. j'estime arriver le 13 a Materija, juste a temps pour pouvoir encore assister a la projection de "je lutte donc je suis" a St Étienne le 18, sans me stresser trop en stop.

    7/10 - Kistlomacs
    Jozsef m'a invitée a dormir alors que l'après-midi était à peine entamé, et j'ai accepté, heureuse de trouver un peu de repos et quelqu'un qui parle francais dans ce pays ou je ne comprends vraiment pas grand-chose. Il a des cassettes audio de chansons françaises des années 80-90 dont les paroles, a force d'écouter, sont devenues inaudibles, un vélo qui lui aussi a parcouru quelques pays, des livres et des atlas en plusieurs langues, et le coeur sur la main. ils'en fut jadis de pays en pays a la recherche d'une vie meilleure, ou d'une vie différente, et Lyon l'accueillit... pas légalement mais qu'importe, il en garde une sympathie a priori pour tous les Francais. Il m'explique que je ne dois pas passer la frontière Croate, car des militaires la gardent avec des fusils, qu'après 40 ans de communisme, les Hongrois ne veulent pas 40 ans de musulmans... Bref je dois passer la frontière Slovène directement, plus loin au Nord, donc revenir quelque peu en arrière.
    Jozsef se nourrit essentiellement de fumée, emprunte pour aller à 7 km acheter du tabac (pour la santé, très important !) et donner ses tickets de Lotto, et peste contre tous les "idiots" (prononcer le "t" final) : les Tsiganes, les Allemands là depuis 20 ans et qui ne parlent pas un mot de Hongrois, sauf "koesserem", les Croates qui laissent passer les réfugiés, les Slovènes qui appellent Trieste "Trst", les Roumains qui, comme les Slovénes d'ailleurs, auraient volé une partie de la Hongrie... Seuls Français et Italiens trouvent grâce à ses yeux. Je reste un jour de plus, genou oblige... Et creuse malgré moi son trou financier, alors qu'il attend sa maigre pension en m'offrant par hospitalité sucreries et viande a tous les repas.

    PH : des sirènes de police, un véhicule, lent, suivent... un camion kaki, trois tanks. puis encore deux camions et une voiture de police : des renforts pour contenir la vague de " migrans" (prononcer "migranches") qui s'écrase sur les frontières hongroise et slovène. Peut-être viennent-il encore prêter main-forte depuis la Pologne, la Slovaquie ou la République Tchèque. C'est facile, me dis-je, pour les Français et les Germains, riches, loin des frontières de Schengen, de traiter les nations de l'Est de fachos. Et si nous étions, nous, la frontière ? Les Anglais, de fait, font de même pour repousser les rares chanceux qui parviennent jusqu'à la Manche. L'Italie, la Grèce, sont encore les seules a réellement accueillir les réfugiés nouvellement arrivés en Europe.

    PH : Mange! Mange! Si tu pas mange, je... cosi! Je nerve ! (lève la main)

    Autriche et Hongrie


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