• Mai 2015, Sueckau

    Mon amour, je n'arrive pas a me faire a l'idee que tu doives travailler pour de l argent...

    Clara a Robert Schumannn

    19 mai (mardi)

    Epluchage d arbres

    Coupe en foret (Lars) et preparation des troncs pour le transport.

    Tout ce qui se fait ici me correspond - construction en rondins de bois coupes dans la foret, sans vis et preque sans clous, projet de voyage en charette a cheval... mais il pourrait bien y avoir des problemes relationnels. Lars n est pas exactement mechant, mais peu loquace. il travaille vite et explique peu. J espere qu il me montrera et m apprendra des choses, quand je serai installee. Doro est un peu stressee, parfois stressante, mais surtout, elle nous compare - Fred, qui se remet d une espece de grippe intestinale, s est leve trop tard le premier jour et c est parti - il parle trop, est trop idealiste, etc... Alors qu il travaille autant que moi. Je connais deja le probleme, je l ai vecu avec Norbert et Cae, et c est mauvais signe a mon avis. Surtout ne pas entretenir, mais comment ? Protester ? Faire mine de ne pas entendre ?

    Mercredi

    Ce soir, nous avons prevu de discuter de nos attentes lors de cet echange. Je veux bien travailler jusqu a six heures par jours, si je peux utiliser certains outils pour bricoler pour moi, et surtout si les deux veulent bien parfois m apprendre quelque chose, surtout Lars en charpente.

    Vendredi

    Fred vient de se faire virer par Lars. Contenu de l echange :

    LARS: Alfred, je ne suis pas content de ton travail. Tu dois partir.

    FRED: OK. Je peux demander pourquoi ?

    LARS: Tu es lent, tu es dangereux, tu discutes trop et l empeche, elle, de travailler. Demain matin a neuf heures, tu es parti.

    --

    Et moi, je reflechi, et je leur ai dit que je reflechissais... mais mes sandales sont decousues. Ca c est la raison de rester. L autre, c'est mon Ego qui apprecie d'etre trouvee mieux qu'un autre.

    Les raisons de partir sont les suivantes :

    - La tension nerveuse ambiante, avec les volontaires mais aussi entre les deux hotes, que j ai commence a ressentir des les premiers jours, est pesante.

    - Je trouve franchement incorrecte la facon dont Lars a dit a Fred de partir.

    - Je dois pouvoir poser des questions pour travailler bien, et j ai constamment le sentiment que je derange. Ils semblent partir du principe, par exemple, que je sais aiguiser une hachette, ou encore reparer un manche de houe avec deux bouts de bois trouves dans la nature.

    Samedi - 6eme jour chez Doro et Lars 

    Levee tot pour voir Fred avant son depart. Petit dejeuner, echange d emails, je l encourage a prendre deux oeufs et quelques sandwiches avant de partir, et il part, et je vaque a mon desherbage. 

    Plus tard Lars me demande de l aide pour stocker des balles de foin dans la grange, il parle de sa vision de la vie, c est sympa, meme s'il dit toujours je et jamais "nous". A-t-il achete la maison tout seul ? Je ne crois pas...

    Puis j'arrache quelques racines, et Lars et moi faisonsdes pizzas dans leur four a bois. Doro est indisposee de facon particulierement violente, elle souffre d endometriose. Mais demain soir ils partent peut etre tous les deux a un festival en Wendland, le pays des hippies (ou "Freaks"). J'aurais donc la responsabilite des animaux et de la maison...

    Bref, aujourd hui ca va mieux. Mieux, pas exceptionnel. Nous verrons quand Doro ira mieux, si l'atmosphere se detend, si des materiaux de construction arrivent pour le toit de leur cuisine exterieure (superbe petit abri en rondins, entierement charpente a la main)

    Ai commence un herbier et mes Docks ont a nouveau rendu l ame... Je ne m'ennuie donc pas.

    Uwe me manque. J'irai peut-etre bientot y passer une semaine. Cela fait deux semaines que je suis partie de Presberg, et Doro m'a dit qu'il peut venir. Toujours un peu dur de poser des questions a Lars, mais enfin, j'espere qu'ils communiquent entre eux sur ce genre d'informations...

    Week-end prochain : Hamburg.

     

    Lundi matin

    J ouvre l'oeil vers cinq heures, avec le soleil, mais fermement decidee a me laisser bercer encore un peu par Morphee. Voila-t-y pas que j entends des bruits devant ma porte. Des bruits de chiots qui jouent. Devant ma porte. Alors que j'ai bien ferme la porte de la cuisine, seul endroit ou ils ont appris a ne pas chier. Meeeeeeerde. Ils ont sans doute chie la, sur le tapis devant ma porte de chambre. Oui, et alors ? Le mal est fait, non ? Mieux vaut attendre huit heures, que la merde seche un peu, avant de ramasser. Allez, dodo. Dors. Endors-toi. Sans succes.

    Se lever, sentir l'odeur de la merde et de la pisse de chien. Se hair de n'avoir que ferme, et pas verrouille, la porte de la cuisine. Les chats l'ont sans doute ouverte. Ne pas encore enlever la merde, qui es fraiche et humide, miam. Entendre le coq chanter devant la porte de derriere. Merde, et lui, qu est-ce qu'il fout dehors? Panique. Le renard a sans doute tue toutes les poules. Attend, Coq, j'arrive. Je vois deux poules, puis une autre encore dans l'etable. Je n'avais pas pense a une des sorties possibles, via la seconde etable, qui est communiquante. Sortir les chevres. La poule rousse, La Cuisiniere, ainsi nommee car elle entre dans la cuisine des que personne ne la surveille, est la, et attend tranquillement que "sa" porte s'ouvre. Pas de trace de sang ou de plumes, mais il me reste encore deux poules a trouver.

    Sortir le poney, se rendre compte en voulant remettre du courant dans les enclos que la jument, Sulaika, a profite de l'extinction nocturne pour se coincer dans un petit enclos protegeant une culture de baies. J'ouvre l'enclos, et bien sur elle ne me suit pas. je vais chercher un harnais, il est trop petit mais j'arrive a y accrocher une bride. Allez, Sulaika. Elle arrive a s'empetrer un pied dans l'enclos, s'enerve un peu... Apres des efforts et m'etre baissee bien trop pres de ses sabots, je la libere. Pour me remercier elle me fait un gros pet de soulagement, alors je lui amene une petite banane bien mure. Je vois bientot les deux poules blanches ensemble, puis les deux noires, alors je sais qu'elles sont toutes en vie. Je ramasse la merde (fois 4, un etron par chien) encore trop fraiche, pour ne pas avoir a le faire plus tard. Nourrir les chiots. Les chevaux.. De l'eau pour tout le monde. En allant au boulot, je me rends compte que ma chaussure droite, rafistolee il y a moins de cinq mois, est completement decousue. Il est 7h30, et il me faut jusqu'a 13h30 pour la reparer avec un fil nylon, heureusement achete il y a peu, juste au cas ou. Alors que je commence a bosser dehors, pour avoir l'air de, Doro arrive. J'ai survecu, et les animaux, etrangement, aussi.


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