• Mai-Juin 2014 : Ahrbrueck

    Monsieur le PDT, je vais quiter Bagda-adeuh

    Pour aller-ra-la ZA_ADeuh

    Avec tous les tares.

    Guinguette ecrite en hommage a Boris Vian et Remi Fraisse, deux types morts trop tot, l'un, car il avait le coeur faible,

    l'autre, car il l'avait trop fort.

    Ai perdu mon carnet de voyage depuis mon retour de France, fin Aout. Entre la fin Juin et la fin Aout je n'ai donc plus de notes precises : les derniers jours chez Norbert et mon depart, les deux jours de routes, l'arrivee a Presberg chez Uwe et le premier mois, mes vacances en France. Je vais donc essayer de me souvenir un peu et de resumer tout ca...

    Le bilan du sejour chez Norbert, a Ahrbrueck, est mitige. Bien que sympathique, mon hote laissait transparaitre assez vite une misere affective et sexuelle, de celles qui ne font que creer un malaise et vous rendre un peu repoussant.

    Apres un mois et quelque de voyage entrecoupe de rencontres, d'au revoirs et de retour impromptu a St Etienne pour cause de boulot, j'arrive donc chez cet inconnu et me trouve un peu comme chez un cousin eloigne que je n'aurais jamais rencontre et qui m'hebergerait un moment pour cause de voyage linguistique, en pure hospitalite et sans demdander grand-chose en retour, ou alors des taches relevant plus du passe-temps que d'une aide consequente. Norbert est seul et genereux, e til concoit HelpxChange comme une sorte de CouchSurfing ou ses hotes seraient tenus de faire la vaisselle. Comme il me sent motivee, nous commencons quelques chantiers : demontage de lave-linge recuperes, recup de materiel, un peu de desherbage. Je m'occupe parfois de ses plants de tomate quand j'y vois des gourmands, nous cueillons quelques fraises. Norbert parle un anglais tres moyen, ce qui m'arrange au petit dejeuner, car je prefere parler Allemand (mal), mais rend les choses difficiles dans les moments ou il est necessaire pour des raisons pratiques (quand quelque chose risque de nous tomber dessus, par exemple). Comme nous sommes chacun une bresle dans la langue de l'autre, il s'en tient a des ordres simples faits de ces petits mots idiomatiques qui se ressemble tous, comme „ Neeeiiin, rueber!“ ou „Oben drauf, loslassen!“ ou encore a des expressions contextuelles comme „That, there!“, ce qui rend nos interactions beaucoup plus efficaces.

    Apres une semaine tout va mieux, je me suis habituee a ne pas savoir ou nous allions ni pourquoi, et en contrepartie il s enerve moins. Je commence a m'y retrouver un peu dans le bordel de son atelier, propose d'apporter ma touche en lui faisant des sandales en cuir, et j'ai le droit de m'amuser un peu avec son argile ( Norbert fabrique des figurines en argile et des photophores, qu'il compte vendre un jour sur les marches). Nous entamons un assez gros chantier : la conversion d'un caleche a cheval en caleche a mini-tracteur, ce qui ranime mon cote Steampunk- Fantasy Postapocalyptique (cher non-geek, pour la traduction, Google est ton ami!). Bref j'ai bien envie de voir cet etrange vehicule rouler...

     

    Plus tard arrive Caetano, Andalous debarque d'Australie a Francfort, et nous le recuperons a la gare. Il connait deja HelpX, a baroude en Australie apres avoir vecu a Barcelone et a Londres : a tout plaque, boulot et copine, pour se faire la malle a l'autre bout du Monde. Ca me plait d'entendre ca, surtout dans une langue latine, alors je rigole comme une conne, un peu de soulagement. J'ai fichtrement besoin d'un collegue qui donnera un peu d'air au huis clos que je ne rompt que de temps en temps.

    Des les premiers boulots la tension monte entre les deux autres, et ca pue la testosterone. On commence des chantiers qu'on ne finit pas, ce qui me court un peu sur la cosse, et Norbert commence a nous comparer ( d'ou il ressort que je fais tout mieux que Cae). J'essaie de faire tampon mais bien evidemment ca n'arrange rien, si ce n'est que chacun des deux vient me voir pour me dire du mal de l'autre. Cae et moi passons pas mal de temps ensemble, a raler cmme un embryon de syndicat. Un incident interculturel intervient, qui se solde par un „ Que si me tocas una vez mas!“ de l'Andalous au Pflazien, Cae cherche une nouvelle place en HelpX et moi, je prepare une semaine a Saint-Etienne. Marre de faire la mediatrice, Nico me manque et j'ai fichtrement envie de refaire le monde dans ma langue maternelle. Je promets a Norbert de revenir un ou deux jours pour reprendre Monsieur Velo et finir ses chaussures, s'il commande le matos dont j'ai besoin, avant de fuir a Presberg ou mon prochain hote, Uwe, m'attend.

    La-bas c'est la Nature, me dis-je, pas de maison ni de chauffage central, et ca va me faire du bien de revivre un peu a la roots.


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