09/07/2013
21h30.
De gros moustiques dansent devant mes yeux alors que des petits me piquent. Les mâles essaieraient-ils de faire diversion pour que les femelles se nourrissent ? Je ne suis pas dupe, mais renonce à les chasser ou même les tuer. Il en reviendra toujours... J’aimerais bien qu’ils s’arrêtent pour pouvoir les voir : on dirait un hybride de moustique et de papillon.
Ce matin au réveil sur la plage de Nevers, je discute avec le surveillant de la plage, qui a gardé M. Vélo. J’ai jusqu’à quinze heures avant un spectacle que je veux voir à Fourchambeau, en banlieue de Nevers. Alors je vais voir du côté du magasin de vélo indiqué par Aurélien du festival Les Zaccros d'ma rue. Je prends un café pas loin, abuse de l’internet de la patronne du lieu, fais des demandes de warm shower sur Orléans, rencontre et discute avec un couple d’Anglais. Arrivée au magasin à l’ouverture, le gars est finalement peu sympathique, je renonce à lui demander de réparer mes lumières et lui achète juste un porte-bidon. Retour à Nevers, je demande mon chemin, Fourchambeau n’est pas loin et j’ai du temps. Dans une agence immobilière, je demande, comme ça, s’il y a des fermes ou granges à rénover, je demande le prix, pour avoir une idée. La patronne me propose d’aller en voir une a vingt kilomètres, à Apremont-sur-Allier, lieu dit le Margot. J’y vais, la route est rapide, la maison sans toit et cernée d’herbes folles. Je m’approche, fais le tour non sans grimper en m’aidant de graminées et poteaux de clôtures, donne tribut aux orties, parviens à pénétrer : grandes pièces, charpente des étages refaite mais le plancher est déjà à moitié pourri, des murs en parpaing ont été posés sans grande considération pour un gain de place maximal. Pour atteindre la mansarde, sans escaliers, j’hésite puis grimpe sur deux piles de parpaings qui semblent avoir été placées là à cet effet. Il y a de quoi faire ici, en travail et en vie ! Je rappelle la dame de l’agence, lui fais remarquer qu’il faut vendre vite ou réparer le toit pour éviter que la pluie n’endommage encore plus les planchers... et la charpente. De 45 elle baisse le prix à 40 000 euros, sans que je demande rien ouvertement. Dommage que ce soit si loin... Si je pouvais acheter seule je m’exilerais volontier, mais 40 000 plus les tuiles plus le reste des travaux... J’appelle quand même Helder, mon colocataire décroissant, aspirant lui aussi à la propriété, pour partager ce moment avec lui, et en éminent couch surfeur, par la même occasion il me trouve un hébergement à Orléans. Je continue direction Fourchambeau. À l’entrée du bourg, je croise deux cyclistes, Lionel et Konrad, allant dans la même direction. Ils me proposent de manger au restaurant, j’accepte l’entorse à mon budget. Repas complet : crudités, escalope de dinde petits pois carottes, fromage, glace, café. Puis Konrad continue mais Lionel décide de venir avec moi au spectacle. Nous sommes mal placés et il faut bouger pour voir les déplacements des deux acteurs, mais c’est bien.
Je continue la route avec Lionel, nous visitons la Charité-sur-Loire, magnifique, je lui montre les recoins repérés grâce à la technique apprise de ma mère, combinaison de son fameux coup d’oeil circulaire et de la règle suivante : si tu vois une porte, essaie de voir si elle est fermée, et si non, entre. Nous visitons notamment une tour ouvrant sur les toits, qui est un immeuble habité, et une ruelle donnant sur colline donnant sur vue superbe de la ville. J’achète deux livres : un dialogue entre BHL et Françoise Giroud sur les rapports homme-femme, et La Peste de Camus. Nous continuons mais il va un peu trop vite pour moi, m’obligeant à forcer un peu et surtout m’empêchant de m’arrêter lorsque je vois un lieu intéressant. Au passage d’un lieu appelé La Ferme des Barreaux, qui contient des ânes alors que nous sommes au milieu des champs de maïs intensifs, je veux m’arrêter mais le suis car il m’a déjà dépassée. À Pouilly-sur-Loire je le laisse continuer et rebrousse chemin. L’auberge est fermée, je m’assois, un peu dépitée, et appelle le contact d’Helder à Orléans. Il est OK pour l’hébergement. Trois personnes arrivent de la plage, je les complimente sur leur résistance à la monoculture de maïs qui les assiège et la propriétaire, Françoise, m’invite à prendre l’apéritif. Les deux autres sont Bernard, de Paris, et Marin, de Géorgie, qui tiennent un gîte à Sancergues. Françoise me donne de son pain maison d’hier et m'offre de dormir sur son bout de berge de Loire. Je remercie et choisis un îlot au milieu du fleuve, nue, assaillie par les moustiques, mais heureuse. Je vais leur donner une jambe en pâture pendant la nuit pour avoir la tête et surtout les oreilles libres. Monsieur Vélo reste sur la berge, dans son pré.
22h30. Un animal nage à contre-courant... Canard ou crocodile ?